Saint AËLRED de RIEVAULX (1109- 1166)
Il aimait lire Cicéron. Raffiné, il réussissait à merveille à la cour du roi d’Écosse par son charme et son aménité. Ce qu’il désirait, c’était d’aimer et d’être aimé. Ce qu’il disait ainsi de lui n’était que façade mondaine, comme il l’écrivit plus tard dans son livre "l’amitié spirituelle" :"La blessure de mon coeur me cause des tourments indicibles et le poids de mes péchés m’est intolérable." Il entra alors chez les cisterciens de Rievaulx, abbaye du Yorkshire, qu’il gouverna quelques années plus tard. Il ne lisait plus Cicéron, mais sans cesse l’Évangile de saint Luc et celui de saint Jean. Il voulait aimer et être aimé du Seigneur Jésus. Il continuait d’écrire en bon latin et son petit traité sur "l’amitié spirituelle" est ravissant et d’une délicieuse lecture. On le fête le 12 janvier
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Saint AËLRED, la douceur de la charité
De
noble naissance, Aëlred est élevé à la
cour d'Écosse avec le fils du roi. Il y mène une vie pleine de fastes et d'honneurs jusqu'à
l'âge de 25 ans, où, en 1135, il décide
d'être moine. Enclin à aimer et à se faire aimer de ceux qui
l'entourent, il veut couper ses attaches en mettant quelques lieues entre
la cour et lui : il
part pour le Yorkshire, où il entre au monastère cistercien de Rievaulx.
Dans le silence et l'austérité de sa nouvelle vie, Aëlred éprouve une grande joie à méditer l'Écriture sainte et à louer Dieu jour et nuit. Son naturel affectueux est embrasé de charité : « Puisse votre voix se faire entendre à mes oreilles, afin que mon coeur apprenne à Vous aimer, que mon esprit s'attache à Vous, que toutes les puissances de mon âme soient pénétrées du feu de votre amour, que toutes mes montent vers Vous, mon unique bien, ma joie, mes délices ! Qu'est-ce que l'amour ? ô mon Dieu ! sinon le plaisir ineffable de l'âme, d'autant plus doux qu'il est pur, d'autant plus sensible qu’il est plus ardent. Celui qui Vous aime Vous possède, et il Vous possède à proportion de ce qu'il Vous aime, parce que Vous êtes amour. »
Mort
en 1167, il est inscrit au martyrologe de
l'ordre de Cîteaux dès 1250. Sa célébrité vient de ses ouvrages
historiques de vies de saints, telle que
celle d'Edouard, de ses traités spirituels, d'une règle pour les
recluses, et surtout, de la méditation en forme de dialogue De
l'amitié spirituelle, ainsi que des sermons et des commentaires de
Par Marie-Christine LAFON, dans "Famille chrétienne" N°1251 du 05 au 11 janvier 2002
Mise à jour : jeudi 06 juillet 2006